Histoire du Berlingot

le sucre : du XIIe au XVe

Le miel avant le sucre fut utilisé par toutes les peuplades de !’Antiquité pour préparer des produits sucrés: la Chine, le Moyen-Orient l’Egypte. puis la Grèce, à Rome ont utilisé le miel pour enrober des fruits, des fleurs, des graines ou des plantes, les confire et même très probablement en utiliser pour faire des confiseries semblables à celles que l’on trouve encore dans ces pays.
Ces confiseries orientales comportent une importante proportion de miel au lieu et place de sucre. On sait en effet que, venu de Perse, le sucre était connu des Grecs et des Romains, et peut-être des Gaulois
Pendant plusieurs siècles, apothicaires et épiciers se sont affrontés autour de la question du sucre. Médicament ou friandise, « Les sucres soignent. disent les apothicaires ». • Certes répondent les épiciers,
mais il est surtout source de revenus confortables! Il faut attendre 1777, pour que les deux frères ennemis trouvent un accord et que cesse la zizanie.

De la canne à la betterave

L’idée de tirer du sucre de la betterave n’était pas neuve pas . Dés 1575, le français Olivier de Serres, signalait qu’on pouvait extraire de cette plante un jus qui, une fois cuit, donnait un sirop semblable au sirop de sucre de canne.
En 1747, le chimiste allemand Margraff parvient à isoler le sucre sous forme solide, en 1786 son élève Frédéric Achard , partant de la betterave blanche silésienne monte une petite fabrlque industrielle de sucre solidifié.
En France, Benjamin Delesert ( 1773- 1812) parvient à le fabriquer Industriellement en Janvier 1812, le procédé mis au point se généralise sous Napoléon Ier à l’occasion du blocus Continental: à la vue des premiers pains de sucre de betterave, Napoléon enthousiasmé et ému, enlève sa propre Légion d’honneur pour décorer Delessert…

Le berlingot

Son nom qui sonne comme un sobriquet laisse les étymologistes perplexes •
De nombreuses thèses ont été évoquées, mais pas une donne réellement satisfaction. Faut-il chercher son origine dans la déformation de l’italien berlingozzo,  » bonbon fait sur une table »; dans le vieux français berleng,  »Jeu de dés »; dans le bas-latin berllngotius.
La question reste entière? Heureusement, encore un fois, la légende vient nous apporter son indispensable grain de fantaisie.
Elle situe l’origine du berlingot de Carpentras au XVème siècle. Un certain Sylvestre, maître queux de Bertrand de Got ( qui n’est qu’autre que Clément V, premier pape d’Avignon}, aurait inventé une recette en laissant fondre un restant de caramel qu’il aurait mélangé avec du citron et de la menthe puis façonné en forme de bâtonnets. Présentant cette friandise au pape, Il aurait ajouté:  » Honneur à Bertrand de Got, à découper avec des ciseaux d’or !’’ l’étymologie du berlingot se résumerait à un jeu de mots sur le nom du saint homme.